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Un pilote de Kamloops effectue des vols humanitaires dans le cadre de la lutte contre l’Ébola

Dominic Villeneuve, pilote au sein de l'association Missionary Aviation Fellowship, a été l'un des premiers à apprendre la nouvelle de l'épidémie d'Ébola et à commencer à livrer des fournitures médicales.

Dominic Villeneuve est un pilote de la Missionary Aviation Fellowship (MAF) originaire de Kamloops, en Colombie-Britannique. Il a passé les cinq dernières années à Bunia, en République démocratique du Congo (RDC). M. Villeneuve a été l’une des premières personnes à être informée de l’épidémie d’Ébola au Congo. Le 15 mai, il s’apprêtait à décoller de Bunia avec à son bord le docteur Patrick LaRochelle, missionnaire de Serge. Ce dernier avait été en contact avec l’un des premiers patients dont le diagnostic d’Ébola avait été confirmé – une nouvelle qui lui est parvenue alors qu’il se trouvait dans la salle d’attente de l’aéroport. 

« C’était sans aucun doute un moment intéressant, car officiellement, aucune déclaration n’avait encore été faite à propos de cela », a déclaré Villeneuve au *Christian Courier*. « C’était tout nouveau. C’était un moment surréaliste. »

Le collègue de LaRochelle, le docteur Peter Stafford, a été testé positif au virus Ébola et a été évacué vers Berlin. Villeneuve a transporté la famille de Stafford et LaRochelle depuis Bunia pour être placés en quarantaine médicale à Prague : « Peter est mon ami. Il est l’ami de tous ici. Apprendre qu’il était malade a été effrayant. Nous sommes donc très heureux qu’il se porte beaucoup mieux à présent. » Le 6 juin, Stafford a pu quitter l’hôpital. 

Dominic Villeneuve déchargeant du fret à l’aéroport de Bunia. (Crédit photo: MAF Canada).

Les premiers sur place

Lorsque l’aéroport de Bunia a été fermé le 23 mai, la MAF a été l’une des premières organisations à obtenir à nouveau l’autorisation de voler à titre humanitaire. Les quatre pilotes de la MAF présents à Bunia, dont Villeneuve, ont acheminé du matériel médical d’Entebbe à Bunia pour le compte d’ONG, notamment Samaritan’s Purse. Villeneuve m’a parlé trois semaines après l’annonce de l’épidémie. « Cela a été intense », m’a-t-il confié. « J’ai l’impression que ça fait trois ans. » 

« Quand la Covid a frappé le Canada, beaucoup de gens se sont tout simplement retrouvés confinés chez eux pendant des semaines d’affilée », a-t-il expliqué. « Ici, les gens n’ont pas les ressources nécessaires pour rester chez eux. Ils doivent continuer à travailler, à acheter et à vendre de la nourriture pour gagner leur vie. » Il a décrit ce paradoxe : « Cette situation horrible se déroule tout autour de nous, mais nous devons tout de même continuer à vivre notre vie, car la réalité dans cette partie du Congo, c’est que des choses horribles se produisent constamment. Nous sommes en pleine guerre. La vie doit continuer. »

Nous sommes en pleine guerre. La vie doit continuer.

Réagir dans une zone de guerre

Il existe plus de 100 groupes armés opérant dans l’est de la RDC et 980 000 personnes déplacées de force dans la province d’Ituri, dont Bunia est la capitale. 

« Tout au long de ma carrière ici au Congo, j’ai été témoin de moments incroyables où j’ai ressenti la présence et la protection de Dieu. C’est pourquoi je sais que même en ces temps difficiles, marqués par les conflits et la maladie, nous savons que Dieu nous protégera. Nous avons hâte de voir comment Dieu va agir pendant cette période et à travers cette crise. Et nous avons hâte de continuer à servir le peuple congolais », a déclaré M. Villeneuve. 

Pour l’instant, il n’existe ni vaccin ni traitement contre la souche Bundibugyo du virus Ébola. Refugees International indique que les déplacements massifs de population compliquent le suivi des personnes ayant été exposées au virus Ébola, en particulier lorsqu’il s’agit de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI). « De nombreux déplacés internes vivent dans des conditions d’hygiène précaires, dans des abris inadéquats et au sein d’infrastructures de santé débordées, autant de facteurs qui augmentent le risque de transmission de la maladie. Selon le Cluster de coordination et de gestion des camps, près de 468 000 déplacés internes vivent dans des camps situés dans l’est du Congo, qui sont souvent surpeuplés et manquent de ressources.»

Camp de déplacés en Ituri vu du ciel, 2026. (Crédit
photo: Matthew Schroeder / MAF Canada).
« Ils n’ont même pas de tentes, juste ces abris de
fortune »,  dit Bagamba Araali. (Crédit photo:
Matthew Schroeder / MAF Canada).

Préparatifs dans les camps de déplacés internes

Le 2 juin, le HCR a signalé deux décès dus au virus Ébola dans le camp de déplacés de Kpangba, situé à environ 25 kilomètres de Bunia. 

Bagamba Araali, sociolinguiste et fondateur de Beacon of Hope, organise des rencontres entre les responsables communautaires des camps de déplacés de Bunia et des médecins missionnaires afin d’étudier les solutions possibles. « Ils n’ont même pas de tentes – juste ces abris de fortune qu’ils construisent, qui sont parfois à seulement un demi-mètre les uns des autres, un demi-mètre », a déclaré Bagamba. « Je me rends dans deux camps. Il y a plus de 10 000 personnes rassemblées au même endroit. Et peut-être l’équivalent de deux lancers de ballon de football en largeur. Cela fait maintenant six ans qu’ils sont là. » 

Selon l’agence de presse AP, le camp de PDI de Bunia compte plus de 10 000 résidents et ne dispose que d’un seul thermomètre infrarouge et d’un seul station de lavage des mains : il est conseillé aux résidents de se laver les mains avec du sable. 

Araali a déclaré qu’il se rendait dans les camps abritant des personnes déplacées par le conflit entre les Hema et les Lendu. Le gouvernement congolais est tellement préoccupé par la menace que représente le groupe rebelle M23 qu’il considère les conflits ethniques comme moins « dangereux » et ne fait rien pour y remédier. « Ils disent : “Réglez vos problèmes entre vous.” C’est très irresponsable, mais c’est ainsi. Comment régler les choses entre la communauté la plus faible et celle qui détient les armes ? C’est impossible. » 

Le révérend Bisoke, prêtre anglican, anime des programmes pour le compte de la MAF dans trois camps de personnes déplacées. « Nous aidons des gens, notamment les responsables au sein des camps de déplacés, afin de leur montrer comment devenir des artisans de paix, comment renforcer l’unité entre eux et comment vivre ensemble », a déclaré Bisoke. Outre la restauration de la paix, ses programmes favorisent la guérison des traumatismes, proposent des ateliers de compétences pratiques et d’alphabétisation, ainsi que des activités de formation de disciples et du soutien aux enfants et aux familles.

Remarque: les entretiens avec Kamenabake et Ngatane ont été traduits du lingala par l’auteur.

Le révérend Bisoke rend visite à une famille dans un camp de déplacés, en mars 2026. (Crédit photo: Matthew Schroeder / MAF Canada).

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